L’AFPC A FÊTÉ SES VINGT-CINQ ANS

7,230 milliards de cartes à puce, dont 5 milliards de cartes SIM ont été livrées dans le monde par la filière de la carte à puce. Près de 90 % de ces unités ont été fabriquées par les membres de l’Association des Fabricants et Personnalisateurs de cartes (AFPC), comme la précisé Olivier Piou, le dirigeant de Gemalto lors de la célébration des 25 ans d’existence de l’AFPC. Ces chiffres démontrent à eux seuls la vitalité de la filière qui prévoit une croissance de 7 % en 2014. De quoi réjouir Philippe Delanoue, président de l’AFPC qui s’est félicité des résultats de la filière carte à puce, du dynamisme de la profession et de la cohésion des membres, industriels concurrents, mais unis pour créer des normes sécuritaires sans cesse améliorées.

Patrick Pailloux, directeur-général de l’ANSSI et Michel Barnier, Commissaire européen en charge du Marché Intérieur et Services ont exprimé leur point de vue sous la houlette de Philippe Delanoue, président de l’AFPC.

La carte à puce, alpha et omega de la sécurité

 » Qui aurait pu imaginer qu’un bout de plastique imaginé dans les années 70 serait devenu une industrie de pointe avec des champions européens et, notamment, français qui font l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’international. Alors que que dans le domaine du numérique, on a plutôt l’habitude de voir émerger des industries américaines ou asiatiques  » constate Patrick Pailloux. Pour le directeur général de l’ANSSI,  » le succès de la carte à puce et ses différents facteurs de forme est l’alpha et l’oméga de la sécurité « . Et d’ajouter  » à l’ANSSI, nous avons cherché s’il existait des systèmes de haute sécurité dans lesquels il n’y avait pas un « bout » de carte à puce à l’intérieur. Nous ne l’avons pas trouvé « .

Pour appuyer encore l’importance de la carte à puce, Patrick Pailloux fait mention du « guide d’hygiène » publié par l’ANSSI et qui précise les quarante règles que toute entreprise devrait appliquer pour sécuriser leur système d’information. La règle n°132 est claire sur le sujet en préconisant de  » privilégier, lorsque c’est possible, une authentification forte par carte à puce « .

La collaboration entre l’ANSSI et l’AFPC est très étroite et a permis de tirer la sécurité vers le haut, ce qui en fait une caractéristique française. Les laboratoires français sont reconnus pour leur expertise au point que des asiatiques les utilisent pour certifier leurs cartes. Néanmoins, cette certification ne se fait pas assez rapidement reconnaît le responsable de l’ANSSI. D’où la décision d’accroître les capacités de l’agence en augmentant les effectifs et de recourir à une externalisation partielle des travaux pour accélérer la délivrance de certificat.

Le succès de la carte à puce est essentiel pour deux raisons : d’une part, parce que l’État a besoin de ce succès pour assurer une « souveraineté numérique » et d’autre part parce que la carte à puce est utilisée dans les systèmes critiques mis en place dans les secteurs d’activités d’importance vitale. Autrement dit, des secteurs où un arrêt de l’activité constitue une menace importance pour la vie économique d’un pays. C’est pourquoi Patrick Pailloux considère que  » la France, l’Europe doit être capable de produire sa propre technologie de sécurité.

En écho, Michel Barnier considère que la souveraineté numérique doit être européenne. Quoi que de plus naturel de la part du Commissaire européen en charge du Marché intérieur et des Services.

 » Pour parvenir à doter l’Europe d’un véritable marché unique des paiements, nous avons deux chantiers à conduire et à réussir ensemble  » déclare Michel Barnier. Tout d’abord le chantier du « paquet de paiement » proposé le 24 juillet 2013. C’est un plan ambitieux qui comprend deux étapes : une révision de la directive précédente sur les services de paiement et un règlement des frais d’interchange bancaire. le marché européen des paiements reste fragmenté et son coût est estimé à 130 milliards d’euros par an. Et d’annoncer la décision d’engager le chantier de la numérisation de la commande publique qui représente 18 % du PIB, soit 80 milliards d’économie par an.

Pour réduire le coût des paiements, le Commissaire rappelle qu’il a proposé de baisser les commissions d’interchange à 0,2% pour les cartes de débit et à 0,3% pour les cartes de crédit. C’est une réforme d’intérêt général qu’il a menée malgré la pression de « ceux d’Outre Atlantique »,  » surtout  lorsqu’ils ont pour objectif le maintien d’un duopole international dont les bénéfices pour les consommateurs et les commerçants sont discutables « . Ce paquet de paiement est en discussion au Parlement européen.

Second chantier la migration vers SEPA. Les consommateurs devraient réaliser des virements facilement, utiliser leur carte de débit dans tous les pays de la zone euro, mais aussi ne pas avoir à ouvrir plusieurs comptes dans plusieurs pays pour y recevoir leur salaire ou payer leur facture. Les entreprises, et plus particulièrement les PME, devraient pouvoir payer et encaisser des paiements sur un seul et même compte dans toute la zone euro. Quant aux commerçants, ils devraient être en mesure d’accepter toutes les cartes des pays SEPA et sur l’Internet proposer les virements ou les prélèvements comme moyen de paiement. C’est le cas de Slimpay en France qui propose ce service de paiement. Le passage au SEPA concerne près de 35 milliards de virements ou de prélèvements par an précise Michel Barnier. Et de s’inquiéter sur le retard pris dans la migration au 1er février 2014 qui est loin d’être achevée.  » Ca progresse dans les banques et les établissements publics, mais nous avons constaté un vrai retard chez les PME. Nous ne sommes qu’à deux mois du passage au SEPA et c’est un appel que je lance à tous les retardataires pour se mobiliser et comprendre que nous devons tous être à bord pour réussir. je Monsieur le Président de l’AFPC et à ceux qui vous accompagnent  je vous dis mes remerciements  de participer à différentes instances où voulez bien consacrer votre expertise et consacrer votre temps. ».

En citant « ceux d’Outre Atlantique », Michel Barnier visait très certaienement MasterCard et Visa. Allait-il agir pour favoriser la mise en place d’un réseau européen de cartes bancaires ? Sa réponse est nuancée : Je suis très favorable à une diversification du marché. J’encouragerai cette diversité, mais on ne va pas rédiger des lois pour ça. En même temps, je ne vais pas faire preuve d’agressivité à l’égard de ceux qui existent, qui sont utiles et qui font leur travail « .

 

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Classé dans Événements, Carte à puce, Industrie

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