L’AFPC fait paraître son index des coûts de productivité de la carte à puce

L’Association Française des Fabricants et Personnalisateurs de Cartes (AFPC), dont les membres représentent quelque 80 % de la production des cartes à puce dans le monde, vient de publier son index 2014 des coûts de la carte en France. Ils révèlent que les efforts de compétitivité des industriels de la carte à puce sont efficaces puisque l’évolution des coûts entre 2012 et 2013 n’a été que de 0,72% pour les cartes à puce et de 1,41 % pour les cartes sans composants électroniques. Sur la période 2007 à 2013 on constate une évolution cumulée de 9 % pour les cartes à puce et de 13,5 % pour les cartes sans puce. Pour Philippe Delanoue, Président de l’AFPC, cet index doit être considéré comme  » un indicateur des échanges économiques et commerciaux « .

Comment l’index a-t-il été calculé ?

Mathieu Leclerc  chargé de ce travail précise que l’index a été réalisé à partir d’une méthode analytique partant des coûts élémentaires représentés par les charges directes. Décomposées, ces charges portent sur les matières premières, les produits semi-ouvrés (la microélectronique), la main d’œuvre. A partir de ces éléments, on a déterminé un certain nombre de ratios : par exemple, on a attribué un ratio de 50 à 60 % sur l’incidence du coût de la main d’œuvre.

Quel est le ratio coût de production et prix de vente ? Sur ce point les industriels sont discrets. Mais, si l’on se réfère à la baisse des prix cumulés pour cette même période on peut avancer une baisse comprise dans une fourchette de 25 % à 30 %. Manifestement, la maîtrise des coûts de production ne compense pas cette baisse vertigineuse des prix du marché. Principalement dans le secteur des cartes bancaires. L’équation devient de plus en plus difficile à résoudre si l’on tient à garder une production en France, voire en Europe. La situation est la suivante : on assiste à une baisse des prix de vente avec dans le même temps une baisse du volume de cartes, des contraintes sécuritaires et des exigences de services supplémentaires. Ce n’est plus le même produit dans un environnement de plus en plus contraignant. Il faut ajouter à cela, les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques. La baisse des coûts incitent les fabricants de composants à investir dans d’autres domaines que celui de la carte à puce. C’est le cas aussi de certains industriels spécialisés dans la carte et dans la monnaie fiduciaire et qui préfère ce second secteur au premier. Autre facteur économique : l’augmentation du nombre d’ingénieurs chez les industriels imposés par la nécessité d’apporter une valeur ajoutée au produit. Ce qui se traduit pas une augmentation des charges qui n’est pas compensée par une hausse des prix de vente. Ainsi, les produits sont plus élaborés et moins chers. Les industriels de la carte se trouvent donc confrontés à une baisse des prix de vente, des charges supplémentaires, des volumes de production en baisse et des contraintes normatives en plus. Dans le secteur bancaire, la baisse des volumes s’explique par le passage à trois ans de la durée de validité d’une carte bancaire, au lieu des deux ans il y a encore quelques années. Sans parler des années 90 où la carte était renouvelée tous les ans. Autre problème pour l’industrie est le nombre de cartes bancaires en France où 98 % du parc est composé de cartes de débit émises selon la règle : un compte bancaire, une carte. Contrairement aux pays à dominante carte de crédit et où les consommateurs peuvent détenir plusieurs cartes.

Sur le plan de la sécurité, les industriels doivent appliquer des normes dont certaines sont imposées par les Etats-Unis. Autrement dit, l’ensemble des pays ayant adopté la carte à puce qui apporte la meilleure des sécurités aux titulaires de cartes et aux commerçants qui l’acceptent, doivent appliquer des règles de sécurité imposées par les Etat-Unis qui en sont restés à la vieille piste magnétique.

Ces différents éléments créent un environnement difficile pour les entreprises du secteur qui voient leur marges fondre d’année en année, comme l’explique Mathieu Leclerc de Selp Secure. Ce qui les oblige à chercher la croissance dans d’autres pays. Seulement voilà : au Brésil, par exemple, les industriels doivent créer une unité de fabrication sur place faute de quoi ils doivent acquitter une taxe de 200 % sur le prix de leur produit. C’est un exemple parmi d’autres. Ainsi, le danger ne vient pas seulement des fabricants chinois qui appliqueraient des prix bas, mais d’un comportement des acheteurs européens qui à force de jouer à la baisse vont entraîner les industriels à se résoudre à une délocalisation forcée de leur production.

La Chine est considérée comme un marché important, incontournable alors que l’Europe devient un marché qui stagne, alors que le savoir-faire européen est reconnu dans le monde entier. L’AFCP a été consultée par des représentants chinois qui sont préoccupés par la qualité et la sécurité de leurs cartes à puce.

En réalité, cette problématique de la recherche de compétitivité dépasse la filière de la carte à puce. Les entreprises parviennent avec beaucoup de rigueur à atteindre de très bons seuils de compétitivité, mais l’objectif est-il d’en bénéficier pour augmenter les dépenses de recherche et développement, l’investissement dans la conquête de nouveaux marché, l’augmentation des emplois ou pour satisfaire la volonté  générale des acheteurs —entreprises et consommateurs— de vouloir « le meilleur prix » au lieu d’un « juste prix » ? Il faudra prendre garde à ce que ce comportement des acheteurs qui conduit les entreprises à faire varier les indices de compétitivité à la baisse ne les oblige pas à aller chercher des économies… ailleurs.

Entretien avec Philippe Delanoue, Président de l’AFPC

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