Groupe Up : « entreprendre économiquement, mais être utile socialement »

En janvier de cette année, le Groupe Chèque Déjeuner troque son nom pour le Groupe Up, marquant l’expression d’aller plus haut et plus loin. Un nom de marque plus adapté à la nouvelle stratégie du groupe qui passe d’une entreprise de produits à un groupe mondial de services. Le groupe est présent dans treize pays. Cela dit, les grands principes ne varient pas. « Entreprendre économiquement, mais être utile socialement » reste la devise du groupe explique Youssef Achour, Directeur Général France. De plus, la nouvelle orientation tourne toujours autour du métier de base d’origine qui n’est pas d’imprimer du papier pour les titres restaurant, mais d’être « un tiers de confiance entre différents acteurs pour gérer les flux que nous allons traiter pour leur compte. Le « chèque déjeuner » est le lien entre une entreprise qui nous confie son argent et qui reçoit en contrepartie des chèques qui deviennent, en réalité, les supports d’une vraie confiance des salariés qui vont l’utiliser et des restaurateurs qui vont l’accepter ». Il faut donc sécuriser et garantir tous les flux qui vont être générés par le circuit économique prédéfini.

Partant de ces principes économiques et sociaux et du capital de confiance qu’il a su créé, le groupe a développé plusieurs autres produits qui ont fait progresser son activité tout au long des cinquante années de son existence. Aujourd’hui, le groupe a développé une centaine de marques qui sont utilisées au quotidien par plus de 26 millions de personnes dans le monde. Il est clair que ce développement a contraint le groupe d’adopter une marque plus générique que celle de « groupe chèque déjeuner ».

En France, le groupe Up est le numéro 1 si l’on comptabilise l’ensemble des titres de services (Cadhoc, Chèque Culture, Chèque Lire, CESU, Chèque déjeuner). « Nous considérons qu’il y a environ 9 millions de personnes qui, dans l’année, utilisent l’un de nos titres, dont quelque

1,2 million en chèques déjeuner utilisés quotidiennement ». Autre volumétrie importante : les chèques cadeaux. Une activité plus saisonnière. En dehors des cadeaux entre particuliers, le produit Cadhoc est également offert par les entreprises à leurs salariés en fin d’année.

La dématérialisation a-t-elle accéléré l’ouverture à la concurrence ?

La gestion des titres papier est lourde, difficile et coûte cher. C’est ce qui explique la faible concurrence limitée à quatre grands émetteurs. La dématérialisation a ouvert le marché avec des « historiques » qui gardent leur position. Explications de Youssef Achour : « N’oublions pas que nous faisons métier de « tiers de confiance. Nos sommes sur ce marché depuis 1964, autrement dit avant que ne paraisse l’Ordonnance signé en 1967. Nous avons donc construit, ainsi que les trois autres émetteurs « historiques », un modèle extrêmement sécurisé, disposant d’un réseau composé de 180 000 commerçants, de plusieurs millions d’utilisateur de différents titres et d’employeurs qui font confiance aux titres-restaurant pour alimenter la politique sociale de l’entreprise. De plus, comme le marché n’est pas assez important pour le secteur bancaire, ni assez petit pour des nouveaux entrants, il s’est développé autour des quatre grands émetteurs. La dématérialisation a simplifié la chaîne de traitement du titre-restaurant ce qui a provoqué l’arrivée de nouveaux entrants : la société Digibon, est filiale d’une entreprise autrichienne qui gère déjà des titres-restaurant ; Moneo avec une expertise reconnue ; le Crédit Mutuel qui s’est à son tour lancé dans ce domaine et Resto Flash qui est dans une logique différente de start-up qui mise sur le téléphone mobile.

 

Dans le domaine du titre-restaurant, ce n’est pas l’innovation qui peut instaurer la confiance chez les employeurs, les restaurateurs et autres acceptants et les bénéficiaires. Youssef Achour précise que « 99% des titres qui sont émis, depuis la dématérialisation, le sont encore en papier ». Preuve en est qu’on ne change pas les habitudes aussi facilement et rapidement, d’autant que plusieurs acteurs sont concernés : l’employeur, le comité d’entreprise, les restaurateurs, les bénéficiaires.

Alors, est-ce que la carte remplacera le papier à moyen terme ? « Pour nous, le support n’est pas un problème. Nous devons fournir notre titre-restaurant sur tout support. Aujourd’hui nous utilisons du papier, et nos démarrons la carte, demain ce sera une application mobile qui sera téléchargeable par nos clients et qui pourront à partir de leur smartphone consommer, utiliser leurs titres-restaurant sous forme de droit disponible sur l’application « chèque déjeuner ». Aujourd’hui, les acteurs ne trouvent pas un grand intérêt à passer du support papier à la carte. Les émetteurs doivent mener des actions pour leur faire changer d’avis. La solution est de fournir aux acteurs des avantages nouveaux, des services à valeur ajoutée qu’ils ne pouvaient avoir avec la formule papier.

Une carte de deuxième génération et Conecs

« Nous allons émettre prochainement une carte de deuxième génération qui ne va pas passer par le réseau MasterCard et qui va être géré directement par les émetteurs dans le cadre de la structure Conecs, l’opérateur technique universel du titre-restaurant en France ». Cette structure va proposer aux restaurateurs de pouvoir accepter une carte spéciale titre-restaurant déconnectée des flux bancaires. La carte sera traitée par les terminaux bancaires, en respectant le protocole du Groupement des Cartes Bancaires, mais quand il s’agira d’une carte titre-restaurant, le flux sera routé vers les serveurs de Conecs, évitant l’amalgame avec les flux bancaires. Ce qui facilitera grandement la gestion de ces flux isolés générés par les titres ». Conecs concerne les quatre grands émetteurs qui lanceront le système au cours de la période comprise entre juin et septembre. Pour les affiliés ils auront l’avantage de comptabiliser isolément les flux générés par les titres-restaurant. Pour les bénéficiaires, ils vont bénéficier de toute une série de services supplémentaires pour faciliter et améliorer leur « pause méridienne ». Avec la carte déjeuner et selon les accords conclus avec les restaurateurs, les bénéficiaires bénéficieront de points de fidélité, de services de réservation en ligne, payer par avance, réserver leurs places… Ce sont des exemples de services périphériques au support carte. Ils permettront ainsi d’entretenir de nouvelles relations entre le bénéficiaire et le restaurateur. Le titre-restaurant devient aussi un outil de fidélisation.

Vers le multi-applicatif ?

Le Groupe Up a mis au point une dizaine de produits dans son portefeuille. Le même support carte pourrait contenir plusieurs offres, par exemple un titre-restaurant et une carte cadeau. Mais pour l’heure, il n’est pas question, comte tenu des chantiers en cours, de passer des solutions actuelles mono-applicatives à du multi-applicatif. La priorité est le lancement de la carte deuxième génération et les nouveaux développements autour du téléphone mobile.

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Classé dans Carte à puce

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