Nicolas Raffin, Président de la Smart Payment Association « la voix de l’industrie des paiements »

Smart Payment Association (SPA) a soufflé ses dix premières bougies en 2014. Depuis cette année, elle est présidée par Nicolas Raffin, de chez Oberthur Technologies. L’association compte six membres, tout simplement les premiers fabricants et fournisseurs de solutions à base de « Secure Element » entendez par là : la puce qui est présente sur toutes les cartes à puces et dans tous les téléphones mobiles, la SIM. Il s’agit de Gemalto, Giesecke & Devrient, Oberthur Technologies, Morpho, Austria Card et Incard. Ces membres sont européens, mais Nicolas Raffin accueillera d’autres membres qui le souhaitent. Il leur suffit de faire partie de la filière du paiement électronique. Du reste, SPA avait accueilli le Suisse Trüb, Présente dans l’impression de sécurité depuis 150 ans, qui a été racheté depuis par Gemalto.

Pourquoi avoir créé SPA alors qu’il existe Eurosmart ? « Eurosmart est une association à vocation européenne qui traite tous les domaines d’application du Secure Element et qui s’est focalisé sur l’identité. Nous avons considéré qu’il fallait une organisation centrée sur l’international, dans le domaine du paiement électronique » précise Nicolas Raffin. SPA apporte son expertise du paiement à Eurosmart, par exemple dans la rédaction du document « Vision 2020 ».

« SPA a été créée pour faire entendre la voix de notre industrie dans le domaine de la carte liée au paiement. Depuis on parle plutôt de « Secure Element », avec ce terme qui fait ressortir l’importance de l’aspect sécurité, avec une notion de système de paiement ». L’une des activités de SPA est de fournir ses propres statistiques sur le marché de la carte à puce. Un chiffre permet de situer l’évolution sur trois ans : la barre des 2 milliards d’unités a été franchie en trois ans, alors qu’il a fallu plus de vingt ans pour atteindre le milliard de cartes à puce. Ce qui démontre que la carte a encore de beaux jours devant elle. Notamment, aux Etats-Unis, dans les pays de moyen et d’extrême Orient… En réalité dans toutes les régions, même celles qui ont adopté la carte à puce, mais qui souhaite bénéficier des évolutions.

La production de statistiques est une première activité. La deuxième consiste dans l’expertise que nous offrons aux clients pour leur permettre de prévoir ou d’être actif sur différents sujets, comme le HCE (Host Card Emulation). « Nous utilisons toute forme de communication pour informer, sensibiliser les utilisateurs. Nous avons un rôle à jouer dans l’équilibre entre la facilité d’usage et la sécurité. Certains sont tentés de sacrifier ou de réduire la sécurité pour en faciliter l’usage. C’est une erreur que se sont bien gardés de faire Apple Pay et Samsung Pay qui ont opté pour un Secure Element pour leurs derniers nés ».

Et la concurrence à l’extérieur de l’Europe ? Principalement ceux qui serait tentés de réduire la sécurité de la puce pour en réduire le prix de revient. La concurrence ne peut être effective que par comparaison avec des produits de qualité égale. Bien souvent, le « moins disant » en termes de prix, l’est aussi en termes de valeur sécuritaire et comme la sécurité est la fille aînée de la confiance… Par ailleurs, la carte a comme autre qualité de « représenter » son émetteur sur son recto, ce qui oblige à une qualité d’impression et de personnalisation de haut niveau pour des produits qui doivent avoir une durée de vie d’au moins trois ans.

Certaines décisions de la commission européenne n’arrangent pas les choses en imposant des réglementations censées protéger le consommateur. Par exemple, dans la dernière réglementation sur la MIF, les banques vont devoir indiquer sur leur carte les fonctionnalités de la carte : débit, crédit, ou les deux à la fois. Cet aspect est lié à la baisse des commissions d’interchange qui ont été réduites à 0,2 % pour les cartes de débit et à 0,3 % pour les cartes de crédit. En France le taux moyen s’établit à 0,28 % sans distinguer la façon de payer du titulaire de la carte. Il s’avère que cette distinction ne s’applique que dans les réseaux MasterCard et Visa. « Elle ne correspond pas aux pratiques courantes des systèmes de paiement par cartes européens tels que CB, Girocard, MultiBanco ou Servired qui ont défini des règles uniformes pour les deux types de carte » précisait le Groupement des Cartes Bancaires « CB » en novembre 2013. Et de rajouter que les taux avancés par la Commission européenne correspondent également à ceux initialement proposés par MasterCard et Visa dans leurs engagements vis-à-vis des Autorités européennes de la concurrence ».

Pour Nicolas Raffin, cette disposition va surenchérir le coût de production de la carte et il sera difficile de le répercuter sur le prix de vente. D’autant que la dénomination crédit, débit, prépayé, corporate doit être comprise dans l’ensemble des 28 pays de la communauté européenne.

Smart Payment Association s’intéresse aussi aux autres solutions de paiement, y compris celle qui n’utilise pas la carte à puce. Par exemple, l’Instant Payment, un sujet sur lequel l’association proposera ses idées. Prouvant par là qu’au delà de la carte à puce, l’association s’intéresse à l’ensemble de la chaîne du paiement quelque soit le domaine d’application et le pays à laquelle elle s’applique. « On ne veut pas être un donneur de leçons, mais faire bénéficier de la somme d’expertise de nos adhérents accumulée depuis des décennies » conclue Nicolas Raffin.

 

Comment paierons nous en 2020 ?

C’est le titre d’un texte publié sur le site de la Smart Association Payment, rédigé par Lorenzo Gaston en janvier 2015. Lire ICI

Son analyse présente douze points (en anglais) :

  1. Card-based technology will still be the dominant form factor for both fixed and mobile retail payment instruments;
  2. Dematerialization of money will continue to progress;
  3. Policymakers will play a more direct role in retail payment systems supervision;
  4. Non-bank entrants in the retail payments market will stay and consolidate, provided that access to payment infrastructures is enabled;
  5. Mobile wallets will constitute the bond between retailers and their customers;
  6. Commercial banks will retain the lead in the provisioning of payment services;
  7. Central and commercial banks will lead financial inclusion policies and drive this market growth;
  8. Fraud patterns will be a moving target and banks are likely to undergo « stress testing » to prove resistance to cyberattacks;
  9. The shared economy will drive mobile person-to-person payments;
  10. Interoperable real-time payment infrastructures will be the rule, not the exception;
  11. Mastering effective e-payment risk management will be a key strategic advantage;
    12.       EMV next generation protocols will overcome their present drawbacks.

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Classé dans Carte à puce, Industrie

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