Serge Ragozin : « il faut décréter la fin de la cohabitation entre le papier et la carte »

Dans un communiqué de presse, Serge Ragozin, directeur général de Moneo Resto, répondait « les perspectives sont très positives mais pour que la dématérialisation s’impose sur le marché français, et que le mouvement s’accélère, il est important que soit décrétée d’ici à 18 mois, la fin de la période de cohabitation entre papier et cartes. Selon nos estimations, ce sont entre 600 et 800 millions d’euros d’économies qui pourraient être réalisées pour l’ensemble du système ». Aujourd’hui, le dirigeant précise que la date de fin du papier n’est pas encore arrêtée. Un amendement sur la loi Macron a été déposé au Sénat à deux reprises par le Sénateur UMP de la Somme, Stéphane Bignon. Il proposait de prévoir, par voie législative, l’interdiction de poursuivre l’émission des titres sur support papier dès le 1er janvier 2016. L’amendement a été rejeté. Il est vrai qu’une telle disposition soulèverait une bronca chez la majorité des bénéficiaires de titres-restaurant qui ont banalisé des pratiques interdites par la législation, comme celle d’utiliser ces titres pendant les vacances ou autres journées chômées. Serge Ragozin justifie cette initiative du sénateur : « le numérique contrôle l’usage, ce qui protège le cadre fiscal favorable dont profite les entreprise et les bénéficiaires ». Pour l’heure, la transformation du papier en carte n’a été réalisée que pour 3,5 % du marché. Force est de constater le peu d’engouement des bénéficiaires.

Les belges donnent l’exemple. Un décret royal de février 2014 décide de la dématérialisation généralisée des tickets restaurant. Les représentants des salariés, le secteur HoReCa (le secteur d’activités de l’Hôtellerie, de la Restauration et des Cafés et les émetteurs (Sodexo, Monizze, Edenred et E-Kena) agréent cette décision qui concerne 1,6 million de salariés et 70 000 entreprises. Selon le sénateur Rik Daems du parti libéral Démocrate Flamand (Open VLD) et initiateur du projet, cette mesure devrait permettre une économie de 95 millions d’euros par an. Contrairement à la France, à partir du 1er janvier 2016, seuls les chèques repas dématérialisés seront autorisés.

Le décret n° 2014294 du 6 mars 2014 relatif aux conditions d’émission et de validité et à l’utilisation des titres-restaurant, permettait aux émetteurs de ces titres de continuer à les émettre sur un support papier ou sous une forme dématérialisée. Ouvrant ainsi l’accès à la voie numérique d’un produit lancé dès 1964 et soutenu par l’ordonnance de 1967.

Moneo Resto : comment ça marche ?

Démarrée en mars 2013, Moneo Resto est une carte co-brandée MasterCard, à contact, qui est remis à chaque bénéficiaire par le DRH de l’entreprise ou envoyée par la Poste. Dans ce cas, la carte doit ensuite être activée par le bénéficiaire. Ce dernier peut dépenser un maximum de 19 euros par jour pour régler « la consommation d’un repas ou d’un achat de préparations alimentaires assurant au salarié une alimentation variée », précise le décret. La moyenne des transactions atteint 11,40 € indique Serge Ragozin. Ce qui change dans les habitudes tolérées jusqu’à présent, est le contrôle des jours d’utilisation autorisés. La législation rappelle que les titres-restaurant ne sont utilisables que les jours travaillés de la semaine. Donc, pas d’utilisation pendant les vacances, les dimanche ou les jours fériés, à l’exception naturellement des salariés travaillant ces jours là. Ce qui ne plaide pas en faveur des bénéficiaires, ce qui explique, peut-être leur faible adhésion. Pourtant, le titre-restaurant offre l’avantage de régler le montant exact de la consommation, contrairement au papier qui impose une valeur faciale fixe.

Autre avantage pour le bénéficiaire, précise Serge Ragozin, il peut faire opposition s’il a perdu sa carte et conserver son capital. De plus, il dispose d’applications supplémentaires accessibles sur son téléphone mobile**. Aujourd’hui, le bénéficiaire peut consulter son solde disponible, le détail de ses trente dernières transactions, faire opposition en cas de perte ou de vol de sa carte… Et l’accès à des offres promotionnelles dans un réseau de commerçants géo-localisés et apparaissant sur le téléphone mobile du bénéficiaire lorsque il est aux alentours.

Du côté des restaurateurs, les avantages sont évidents, du moins lorsque le papier disparaîtra. Plus de coins à découper, plus de tri à faire pour distinguer les différents émetteurs, plus d’envois par la Poste ou de déplacement. Si on y rajoute un règlement beaucoup plus rapide —48 heures selon et un système de gestion sur l’Internet, on ne voit pas ce qui peut les empêcher d’accepter la carte, d’autant que l’entrée de nouveaux compétiteurs ont modifié les taux de commission. Les taux de commission des « historiques » se situent entre 4 et 5 % contre 2 % pour Moneo Resto, affirme son dirigeant.

Moneo Resto poursuit sa route en affichant 45 000 bénéficiaires, 900 entreprises et 103 000 points de vente qui ont accepté un titre Moneo Resto.

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