Brexit : la fin des contraintes européennes pour les britanniques ?

Les britanniques ont rejeté Bruxelles, mais certainement pas l’Europe ou plus précisément les pays qui la forment. Désormais s’ouvre une période de deux ans qui verra se construire toute une série d’accords bilatéraux entre les nations européennes. En quittant l’Union Européenne, les britanniques vont s’affranchir des contraintes imposées par les technocrates de Bruxelles.

Dans le domaine des systèmes de paiement, cette décision ne devrait pas affecter le fonctionnement de la carte bancaire. L’Europe a abandonné la vision européenne d’un scheme européen en laissant les rênes aux deux réseaux MasterCard et Visa. Le centre névralgique de Visa a été déplacé aux Etats-Unis avec la vente de Visa Europe. Tout comme MasterCard dont l’antenne européenne est à Bruxelles, mais dont les décisions sont prises aux Etats-Unis.

En revanche, en quittant l’Union européenne, les britanniques vont pouvoir s’affranchir des règles du SEPA, de la DSP, de la protection des données individuelles. Bien sûr, ils perdront l’avantage du « passeport » (Passporting) accordé aux établissements de paiement. Ils le perdront à priori, mais il semble évident qu’ils en obtiendront de nouveau le droit par des accords bilatéraux. Rappelons que, en moyenne, les pays européens ont accordé entre 10 et 80 licences d’établissement de paiement, alors que le Royaume-Uni a dépassé les 1 000 licences. La perte du Passporting pour les britanniques est une opportunité forte pour les 27 pays restant dans l’Union.

En première analyse, l’intérêt pour les britanniques est la liberté de ne plus appliquer les règlements et directives européennes et d’agir ainsi en fonction de leurs intérêts, à condition de les avoir bien définis. Il est évident que l’Europe pourra se prémunir d’initiatives britanniques qui seraient considérées trop fortement concurrentiel. Par exemple, les banques britanniques ne seront plus contraintes d’appliquer les pourcentages de commission d’interchange arrêtés par la commission européenne.

Autre conséquence, la baisse de la Livre Sterling va stimuler les ventes de produit britannique. Mais, cette opportunité est relative dans la mesure où le Royaume-Uni, à l’instar de beaucoup d’autres pays, a réduit la voilure dans le secteur des produits industriels et s’est lancé dans la production de services. Or ce secteur est beaucoup moins impacté par une baisse ou une hausse de la devise nationale. En revanche, les britanniques devront payer plus chers les produits manufacturés qu’ils importent. Selon l’Office des statistiques nationales (OST) le Royaume-Uni a enregistré en 2015 son pire déficit commercial jamais enregistré, à 125 milliards de livres, avec notamment une baisse de ses exportations vers l’Union européenne. Quant au niveau des exportations elles ont reculé de 2,8%, à 285,6 milliards de livres, soit plus vite que les importations qui se repliées de 1,5% à 410,7 milliards de livres.

Le Brexit va se construire durant les deux années de moratoire. Pour l’heure, le premier ministre britannique a démissionné et rendra son mandat en octobre 2016. Il fait comprendre qu’il laissera traiter cet énorme dossier (patate chaude) à son prédécesseur. Durant ce temps, l’heure sera aux négociations et aux accords bilatéraux. On peut très bien ne plus faire partie de l’Union européenne et commercer avec ses membres.

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