Archives de Catégorie: Entretiens

Nouveaux moyens de paiement : le changement dans la continuité

Un entretien avec Gérard Tchakgarian, Président et fondateur de Galitt

gtn-formation-formateur

Gérard Tchakgarian, Président et fondateur de Galitt

« Aujourd’hui, vingt ans après la création de Galitt, la numérisation des moyens de paiement ne remet pas en cause les acquis actuels de l’industrie des paiements », estime Gérard Tchakgarian, président de Galitt et faisant partie des « historiques » de la monétique.

Bien sûr, il ne faut pas y voir un refus des changements actuels provoqués par la numérisation, la digitalisation comme on dit aujourd’hui. On assiste à des modifications des facteurs de forme, le papier se transforme en carte plastique comme récemment avec les titres restaurant ; la carte virtuelle, la tokenisation, le HCE, le NFC… autant de technologies qui apportent une nouvelle dimension et de fortes opportunités au système de paiement traditionnel. Mais, pour l’heure, ces innovations se greffent sur l’existant. Il faudra du temps avant que les systèmes de paiement par carte bancaire disparaissent au profit d’autres systèmes. Aujourd’hui, tout passe par les systèmes de paiement à base de carte, même si celle-ci est dématérialisée dans des wallets.

Toutes ces intégrations font partie des activités de Galitt, sans oublier la conquête de l’Ouest, les Etats-Unis, en créant Galitt US présidée par Gérard de Moura. Pour l’heure la société a réalisé 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec comme objectif pour 2017 de réaliser 8 millions d’euros en s’appuyant sur des accords, des partenariats et des travaux qui feront l’objet de prochaines annonces.

En Europe, il faut à la fois contribuer au maintien opérationnel des « usines de paiement » produits de l’industrialisation induite par l’informatisation des procédés, qu’il faut entretenir (données nouvelles, composants à changer, des procédés nouveaux, la sécurité qui évolue impliquant un changement des algorithmes)… « C’est très lourd de maintenir des acquis et donc nos clients font appel à nous pour les aider à maintenir l’ensemble en bon état » confie Gérard Tchakgarian. Et de rajouter « et puis c’est améliorer les services favorisés par la numérisation des paiements sur ces systèmes existants et ça, aujourd’hui, en France bien qu’il y ait de gros processeurs qui le font pour des flux très importants, nous sommes très bien positionnés sur ces nouveaux marchés ».

Toujours sur le marché européen, Galitt a déployé beaucoup d’efforts sur le standard OSCar*. « Le marché de l’acceptation est le seul chantier qui, sur les dix prochaines années, va être mis en œuvre par l’industrie des paiements » affirme Gérard Tchakgarian. Et de rajouter : « Nous travaillons sur ce standard depuis plus de cinq ans et nous arrivons à une phase aboutie qui va générer la vente de nos produits de tests et des services associés ». Les membres d’OSCar ont défini des « application profiles ». Et le dirigeant de Galitt tient à préciser que trois éléments structurent cette norme :

– La sécurité nettement plus forte dans le système d’acceptation qu’elle ne l’est actuellement dans les systèmes anglais, belges, espagnols, français, italiens. Les Allemands avaient déjà adopté ce niveau de sécurité. Avec OSCar, les transactions vont être cryptées ;

– Le multi-acquéreur. Le même applicatif peut générer des transactions vers un acquéreur ou un autre selon le choix du commerçant, ce que permettait déjà le système belge ;

– « l’application profile », un acquéreur peut jouer sur les paramètres d’acceptation de manière plus souple que ceux permis par les systèmes actuels. Le commerçant pourra demander à ce que, par exemple, les transactions d’un montant donné soient capturées en mode en ligne.

En d’autres termes, OSCar a apporté de l’intelligence et de la souplesse aux terminaux point de vente. Ce qui permet aux acquéreurs de vendre des services à valeur ajoutée qui apporteraient aux commerçants un avantage commercial lié à l’acte de paiement.

C’est pour Galitt, un véritable challenge dans lequel l’entreprise a investi et travaillé avec Elitt. « Aujourd’hui, Ingenico a validé nos outils de tests. Il est à noter que nous sommes la seule entreprise française, nos concurrents ayant été rachetés par des sociétés américaines. Clear to Pay par FIS et Colis par UL. C’est intéressant de noter que les américains ont racheté des entreprises de certification. Mais il est vrai que la certification est un bon indicateur sur la qualité des nouveaux produits qui seront mis sur le marché ».

«  Chez Galitt, notre offre s’inscrit dans un large spectre : conseil, assistance, maîtrise d’ouvrage, mais aussi la technologie. Nous travaillons avec des fondeurs comme Intel, sur le HCE, avec Global Platform. On fournit des outils qui permettent de vérifier que les futurs composants fabriqués par Intel Texas Instruments, Toshiba… sont des composants « TEE Compliant Trusted Execution Environment » autrement dit qui sont capables de traiter des données applicatives dans un environnement sécurisé. Trois ans d’expérience dans ce domaine nous éclairent sur des opportunités à saisir », conclue Gérard Tchakgarian.

 

*Notes

EPAS, OSCar (Open Standard for CARds)

Il ne faut plus dire EPAS org qui était le porteur du protocole ou OSCar (Open Standard for CARds) (le projet), mais Nexo qui est la coquille, la structure juridique qui va porter les standards. Vont-ils baptiser les nouveaux standards. On parle de OIS 3.1 et OIS 3.2 comme quand on cite le MPE V5 en France.

Galitt et le groupe GFI Informatique

Début septembre, GALITT et le Groupe GFI Informatique ont signé un protocole d’engagement de cession par lequel GFI Monetic devient une filiale de GALITT. En réunissant ainsi leurs forces, GALITT et GFI Monetic se dotent d’un niveau d’expertise renforcé pour accompagner les grands projets monétiques d’industrialisation et d’européanisation des systèmes. Leader national appelé à poursuivre sa croissance au-delà des frontières, l’ensemble ainsi constitué a vocation à accompagner un spectre élargi de projets.

Précédemment, Galitt (25 M€ et 240 collaborateurs) avait racheté la société AQUALYSE, lui permettant de poursuivre ainsi sa stratégie de développement et de croissance pour faire face à une demande de plus en plus structurée de ses clients.

Poster un commentaire

Classé dans Entretiens, Industrie

La FNTC lance le cachet électronique visible

imgresExplications par : Gilles BARRE, Président d’Alphacode

Ecoutez ici : https://soundcloud.com/user47038192/gilles-barre-alphacode

Ca sonne comme une contradiction, mais on parle de valeur rendue probante par un procédé électronique et visible par un cachet. C’est l’ambition de la FNTC qui propose un label pour garantir l’authenticité des données contenues dans la forme visible du cachet.

Dans l’entretien audio, Gilles Barré, administrateur à la FNTC et rapporteur du groupe de travail « Mode hybride » (papier et électronique) nous explique le procédé déjà mis en oeuvre dans le cachet électronique visible.

Qu’est-ce que le cachet électronique visible ?

C’est un dispositif qui garantit l’origine et l’intégrité des données clés d’un document, quelque soit le support électronique ou papier. Ces données sont sécurisées par un procédé de signature électronique.

Quelle est sa forme ?

La représentation visible apparaît sous la forme d’un code 2d. La première représentation est le D2Doc est le code Datamatrix. La difficulté avec les codes 2D est que la surface du carré est proportionnelle au nombre d’informations qu’il contient. C’est pourquoi, la plupart des codes ne contiennent que très peu d’informations.

Alphacode est la 1ère écriture numérique qui révolutionne l’extraction d’information à partir de documents papier.Alphacode est la seule écriture capable de garantir la lecture, l’intégrité, l’identification et l’authentification des données critiques des documents dans des conditions de sécurité extrêmement élevées.

Principaux usages : extraction à haut niveau de confiance, détection anti-fraude, conformité de la copie papier d’un original électronique.

Poster un commentaire

Classé dans Cybersécurité, Entretiens, Identité électronique

Jean-Marc Mosconi : les offreurs de solution devront associer le commerce

Ecouter l’entretien 

Ecoutez aussi, avec plusieurs autres interviews audio sur Soundcloud

Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Jean-Marc Mosconi, délégué général de Mercatel, aborde plusieurs points, notamment, sur le comportement des commerçants face aux évolutions des transactions électroniques, mais aussi des concepteurs de solutions qui doivent associer le commerce.

Sur les « pure players » : En termes de revenus, dus à leur chiffre d’affaire de ventes de produits et non pas en termes de profits liés à la publicité, les grands du commerce électronique n’ont pas encore des modèles très bénéficiaires. On spécule beaucoup sur ce qu’ils vont tirer comme profit.

Les activités de ces grands de la distribution sur l’Internet sont des indicateurs des nouvelles attentes des clients. C’est donc aux commerçants traditionnels de réinventer sa relation client. Dans ce domaine de la relation client, il y a d’énormes progrès à faire.

Sur l’utilisation des moyens de paiement par le consommateur : On oublie souvent que le client paie, non pas avec un moyen de paiement, mais une combinaison de moyens de paiement que le commerçant se doit d’accepter : carte, chèque, téléphone mobile, coupon de réduction, carte d’achat, carte cadeau…

Sur le rôle des commeçants : Face à la multiplication des offres de nouveaux moyens de paiement, l’inquiétude du commerçant serait d’avoir à intégrer dans des systèmes des multitudes de solution qui fractionnent les comportements des clients qui feraiznt que ça n’aurait plus aucun intérêt en termes de rentabilité.

Il y a une place à réserver aux commerçants en termes de participation, d’implication dans  l’élaboration du produit, son contenu, sa communication, son usage, son ergonomie et  aux règles d’échange entre le client et lui même, au moment du paiement.

Je crois beaucoup à des instruments de paiement qui associeront le commerce, conclue Jean-Mosconi.

Poster un commentaire

Classé dans Commerce, Entretiens

4,5 milliards d’identifiants volés : entretien avec Thierry Karsenty, Check Point Europe

Thierry KARSENTY

Début août nous avons traité ce piratage portant sur 4,5 milliards d’identifiants volés. (voir https://charlescopin-news.com/2014/08/07/45-milliards- didentifiants-voles/). Il s’agissait des conséquences d’un vol de grande ampleur  perpétré par des pirates informatiques russes dévoilé par Hold Security. Le bilan  est exceptionnel : 420 000 sites piratés ; 1,2 milliard de mots de passe et 4,5  milliards de comptes récupérés. C’est le plus gros hold-up numérique réalisé par  une organisation qui a été baptisé CyberVor (Vor signifie voleur en Russe), par  Hold Security.

Nous avons interrogé Thierry Karsenty, directeur technique Europe de Check Point.

Ecoutez

Poster un commentaire

Classé dans Entretiens, Sécurité

La sécurité des objets connectés : entretien avec Claude MEGGLE

Selon le consultant XERFI, le marché français des objets connectés objets connectés a pesé 150 millions d’euros en 2013 et devrait représenter 500 millions d’euros en 2016.

Et, selon Gartner, le nombre d’objets connectés atteindra les 26 milliards dans le monde en 2020.

Ce sont de formidables opportunités pour l’industrie et de nouveaux usages pour les utilisateurs dans leurs pratiques quotidiennes, mais qu’en est-il de la sécurité ?

J’ai posé la question à Claude Megglé, un expert en sécurité des transactions électroniques depuis 1983.

Ecoutez

Poster un commentaire

Classé dans Entretiens, Nom de la nouvelle catégorie, Objets connectés, Sécurité

Payplug dispose d’un réseau de 1 000 commerçants adhérents

Fondée par Camille Tyan, vingt-neuf ans et Antoine Grimaud, trente ans, Payplug propose aux 1,5 millions de professionnels de bénéficier un système simple et sécurisé. Pour l’heure Payplug a converti près de 1 000 commerçants. Entretien avec Camille Tyan.

No Cash : Qui est Payplug ?

Camille Tyan : Payplug est une SAS fondée en 2012 dans le but de mettre le paiement par carte à la portée du petit commerce indépendant, des artisans, des professions libérale… avec un système simple d’utilisation. Pour la partie de traitement des flux de paiement, nous avons établi un partenariat avec la société Leetchi qui dispose du statut d’établissement de paiement électronique agréé et qui lui-même fait gérer ses flux par Payline.

Quel est plus précisément votre cible ?

C. T. : Nous nous adressons exclusivement aux petits commerçants, eux auto-entrepreneurs, aux sites de e-commerce. En exemple, nous comptons des Chambres d’hôtes qui encaissent des arrhes à distance. De même chez les photographes spécialisés dans les événements organisés par des particuliers ou des petites entreprises. nous avons aussi des sites de e-commerce qui ne souhaitent pas souscrire de contrats de VAD (Vente à distance) avec leur banque et s’engager pour une longue période en payant une redevance mensuelle. C’est une population qui représente environ 1,5 million de très petites entreprises.

De quel matériel le commerçant doit-il disposer ?

C. T. : Aucun terminal de paiement n’est utilisé dans l’application PayPlug. Le commerçant doit disposer d’un ordinateur, d’une tablette ou simplement d’un smartphone et d’un accès à l’Internet. Il faut distinguer deux types de clientèle : celle qui possède un site web et l’autre, notamment des artisans prestataires de services qui ont besoin d’être payé à la fin de leur intervention.

Comment ça marche ?

C. T. : Je prends l’exemple de la Chambre d’hôtes. Par un e-mail, une personne souhaite réserver une chambre pour une période donnée. Avec son compte commerçant, le propriétaire se connecte sur le site de Payplug et indique le montant des arrhes exigées en mentionnant l’adresse e-mail du client. Puis Payplug va envoyer un e-mail à ce client lui demandant de payer la somme demandée à la chambre d’hôtes. Si le client est d’accord, il voit apparaître une page internet lui demandant de préciser son numéro de carte, sa date de validation et les trois chiffres du pictogramme pour effectuer le paiement. Payplug ne disposera pas de ces informations, ni même le commerçant. Mais la situation se complique légèrement lorsque la transaction dépasse la somme de 100 euros. Dans ce cas, il faut déclencher la procédure exigée par le protocole 3D Secure. Dans ce cas, le client est dirigé sur le site de sa banque pour que s’opère la procédure.

Payplug propose aux commerçants une app sur Android et sur iOS. Mais il doit préalablement s’inscrire sur le site Payplug pour ouvrir un compte et posséder un mot de passe.

Combien ça coûte au commerçant ?

C. T. : Notre offre s’adresse à des petits commerçant, artisans, travailleur indépendant, auto-entrepreneur… Dans ce type d’activités le professionnel ignore s’il va pouvoir poursuivre son activité qui est très sensible aux facteurs économiques. D’où leur difficulté de s’engager sur le long terme.

Nous avons choisi un système simple : pas d’engagement sur une durée, pour chaque transaction, le professionnel verse une commission de 2,5 % du montant géré par PayPlug, sans frais fixes ou mensuels et sans montant minimum. Le tarif est degressif jusqu’à 1,8 % pour un volume mensuel de 100 000 euros, voire plus bas après négociation. De plus, si le professionnel n’a pas d’activité pendant une période, il ne paie rien. Par ailleurs, le client n’a pas besoin d’ouvrir un compte pour payer.

Tarifs Payplug

Tarification dégresse Payplug

La société a été créée en 2012. Quand l’activité a-t-elle démarré ?

C. T. : Payplug est opérationnel depuis mars 2013. Dès juillet nous avions un portefeuille d’environ 400 commerçants. Fin novembre nous avons réuni près de 1 000 commerçants. Dans cet ensemble il y a un mix entre le commerce de proximité (magasin de vêtement, vente d’accessoires…)  et les services (publicité en ligne, petites annonces payantes, assureurs, professions libérales…). Dans l’ensemble on a calculé un panier moyen d’environ 80 euros. Dans certaines conditions on atteint plutôt les 1 000 euros, dans le cadre de location de nuitées dans des hôtels ou des chambres d’hôtes.

Envisagez-vous des paiements entre particuliers ?

C. T. : Les enquêtes sur le terrain nous ont démontrés qu’il ne s’agit pas d’une attente des particuliers. Principalement à cause des commissions qui sont prélevées. En revanche, lorsqu’un particulier vend un produit par annonce, il peut dans ce cas utiliser Payplug sans avoir un statut de professionnel. L’agrément de notre partenaire Leetchi permet de le faire. En revanche, lorsque le volume de vente est important tout particulier se doit d’obtenir un statut de professionnel.

Pour s’inscrire, le particulier s’inscrit sur le site Payplug et il peut immédiatement recevoir des règlements sur son compte bancaire.

Et la sécurité ?

C. T. : il est clair que Payplug ne voit jamais les identifiants de la carte bancaire utilisée. Toute la sécurité est assurée par nos partenaires Leetchi et Payline. Ce dernier est aux normes PCI/DSS. Les informations communiquées par le commerçant est géré par Payline.

Poster un commentaire

Classé dans Entretiens, m-commerce, M-Paiement